We were there : Des K à la B
Ce jeudi La Baie des Singes était clairement le lieu le plus « Underground» du coin (référence à l’univers d’Emir Kusturica). Cela faisait un moment que je voulais aller voir ça sur place. Je connaissais la belle réputation du lieu, sa programmation marquée et son attachement à défendre une culture de l’échange et de la découverte. Ce jeudi, l’occasion s’est présentée ! Vous le comprendrez, c’est donc plein de curiosité que j’arrive au Bal des K , j’ai ce vilain défaut, c’est vrai…
La Baie des Singes, venez comme vous êtes !
Ce lieu ne peut laisser indifférent, c’est une parenthèse, comme une affaire de famille, comme une grande maison ouverte à Cournon d’Auvergne, où le taulier vous invite à vous laisser aller au gré de sa sélection perso. Sauf que là, les artistes sont bien sur scène et pas dans le jukebox. La programmation de La Baie des Singes est un souffle fort sur un paysage culturel formaté qui fait trop souvent des programmations de simples transpositions de Top 50 ou d’autres playlists des meilleurs ventes. Cette ligne directrice porte sa réputation hors des frontières régionales, jusqu’à me faire interpeller par un Flanc Tireur lors du festival Drôle de Cap à Saint-Raphaël : « Hey, t’es de Clermont ? Tu dois connaître la Baie des Singes alors ?» Comme une évidence ! Heureusement, je connais… Tu parles, un lieu qui n’hésite pas à prendre des risques, qui donne leurs chances à des talents en devenir, et qui se préoccupe de l’accueil de ses visiteurs ? Le tout emballé dans un bel écrin, surplombé d’un balcon genre théâtre à l’ancienne ? Bien sûr que je connais ! Mais j’avoue, je ne suis pas un expert dans le domaine de la chanson ou même du one man show, du coup je me suis laissé orienter par ma guide, confiance aveugle. Après un premier rendez-vous manqué j’arrive en moonwalk à la Baie des Singe.
Ktipietok OrKestar ? Affaire à cuivre…
Si vous n’avez jamais croisé le radeau citadin du Ktipietok Orkestar, je vous explique. Ce collectif clermontois envoie du tuba à tout va. Costume travaillé de rigueur et chaleur peu commune, peu de chance d’échapper à la bonne humeur pour les éventuels réfractaires. Ils arrivent de tous les côtés, dissimulés parmi le public, cachés dans les combles ou camouflés dans les rideaux, je crois que j’ai compté 22 musiciens à un moment… Tuba, saxo, trompettes, clarinettes, batteries et autres petits instruments bizarres. Bref, une collection complète, et du talent pour lier tout ça, voilà le tableau. Fanfare ? Brassband ? Je ne sais pas, mais un gros délire en tout cas. On sent une cohésion dans le band, une complicité rapidement virale, qui transforme la fosse en piste de danse. Chaque acteur tient son rôle, mais sans scénario, une belle démonstration de spontanéité et de générosité qui nous amène aux affaires diplomatiques, et à l’accueil de la Fanfare Impériale « en exil» du Kikiristan. Coup de chapeau aux clermontois qui ont offert une belle performance, car on peut parler de performance je vous assure !
C’est où le Kikiristan ?
Le Kikiristan n’est pas reconnu par les instances internationales… Pour exprimer leur art, les six membres de la Fanfare Impériale ont choisi de poser leurs valises en Bourgogne. En délégation officielle à la Baie des Singe, c’était l’occasion de nouer des liens culturels et de prouver que l’Auvergne est une terre pleine d’hospitalité. Difficile de définir l’essence de ce folklore particulièrement riche, « Un répertoire atomique et original, hérité de leur cavale internationale : raï psychédélique, be-bop relifté, funk mécanique ou mambos dégénérés… Sans attaches ni électricité, ils n’épargnent ni l’improvisation libre, ni la musique contemporaine.» C’est la traduction du communiqué de presse dispo sur le site officiel, et c’est bien représentatif ! Ces gars ont une fâcheuse tendance à surprendre le public ! Sans parler de l’endurance et de l’énergie, ils ont le truc qui fait qu’on se sent impliqué dans le show, sûrement l’humour, et le sourire. C’est dingue, ils s’approprient avec une facilité des styles complètement impensables, big up aux mc’s improvisés pour les phases hiphop et reggaeton, du hardcore kikiristanais… No comment !
Et oui, ça change…
On est donc rentré tout sourire, pas habitués à cette ambiance, et encore surpris par l’atmosphère qui se dégageait du lieu. Le public était vraiment à la maison, il n’y avait pas cette barrière qu’on trouve parfois entre la scène et la fosse. Alors oui, je vais y retourner. Et je vous invite à aller goûter à ça au moins une fois. Ce lieu à une importance qu’il ne faut pas sous-estimer, jeter un oeil à la programmation, et regarder autour, vous verrez.
En bonus, un petit aperçu de l’Imperiale du Kikiristan on stage.




