We were there : Retour sur les transmusicales millésime 2009

affiche des transmusicales 2009
Yoann l’avait annoncé, il y a quelques jours, alors voilà je m’y colle, je vous raconte un peu mon escapade rennaise à l’occasion des 31emes Transmusicales. Tiens déjà 31 ans. Quand on pense aux festivals de musiques actuelles qui nous intéressent en France : Nuits sonores, Scopitone, NAME, Seconde Nature, Villette Sonique… ils ont tous moins de 10 ans. Pourtant le festival rennais continue à mobiliser les principaux acteurs du music business et les journalistes.Le concept est connu, quand on découvre le programme, c’est toujours un gros point d’interrogation. Tiens un groupe de punk mexicain, tiens un groupe d’electro pop turque, tiens un DJ saoudien, tiens un groupe de hip hop végétarien… On a toujours l’impression que la programmation a été conçue par les équipes de Tracks, l’émission diffusée sur Arte.
En réalité, la programmation est toujours aux mains du même homme, le mythique Jean Louis Brossard, Papy pour les intimes. Près de 60 balais, cheveux blancs, mais toujours cette passion chevillée au corps. Fier de revendiquer le seul festival au monde à accueillir 10.000 personnes par soir sans tête d’affiches.
Mais pour que ça marche, il faut du temps et du courage. On imagine aisément la réaction des sponsors et des financeurs en découvrant, médusés, la programmation. « Vous êtes surs que vous voulez pas programmer Dionysos ou Renan Luce?» En 30 ans, le festival est devenu une référence pour les pros et aussi pour le public rennais. En discutant avec les gens, on découvre que chaque année, les fans du festival attendent la sortie du programme pour se ruer à la fnac ou sur myspace pour écouter/découvrir tous les groupes afin de préparer leur festival. Pour engendrer une telle attitude du public, il faut du temps et du courage. Donc bravo pour ça Jean Louis !
Cette année 2009, on attendait certains groupes : The Carps (duo basse batterie), un curieux mélange de soul punk avec un batteur chanteur, Major Lazer, Fever Ray (le projet solo de Karin Dreijer, la chanteuse de the Knife), the Field et FM Belfast (groupe d’electro pop islandais, dont je vous avais déjà parlé).
Au final des révélations live : FM Belfast, Major Lazer. Les islandais avaient emmené dans leurs valises un groupe de jeunes filles hystériques qui ont réussi à réveiller le hall 3 du parc expo à 21h00. Horaire difficile de début de soirée qui n’a pas empêché les islandais de tout retourner, avec un mélange de house sexy, de pop naïve et d’humour décalé. Depuis le temps que je voulais voir la reprise de Rage againt the machine en live, je n’ai pas été déçu ! Le public était littéralement en liesse. Le coup de la reprise improbable a tellement bien marché, que le groupe poussé le concept encore plus loin en jouant welcome to the jungle des Guns n’ roses. Les 90′s reviennent décidément en force !!
Des révélations donc mais aussi des déceptions (et là la liste est longue…) : The Field (catastrophiquement balourd) Fever Ray (fascinant et chiant comme du Sigur Ros), Major Lazer (trop d’énergie a fini par nous achever) et même the Carps (ils n’ont pas réussi à captiver le public, sans doute un groupe pas fait pour jouer dans un parc expo devant 10.000 personnes)
Et encore, je ne vous parle que des groupes que j’attendais, parce qu’il y a aussi eu beaucoup de concerts sans aucune forme d’intérêt : The Politics, Slow Joe and the ginger accident, Rodriguez, Push up… Le genre de concert devant le quel on passe sans s’arrêter. C’est aussi la cruauté de ce festival, on passe d’une scène à l’autre et on laisse peu de chances aux groupes de nous convaincre.
Mais il y aussi eu de bonnes surprises : solillaquists of sound, un collectif hip hop d’Orlando aux Etats Unis avec MC Swamburger et Alexandrah, une chanteuse avec une voix exceptionnelle. Mystiques et végétariens, ce collectif de hip hop rompt avec tous les codes parfois pathétiques du hip hop US, pour redonner un peu de fraîcheur en y ajoutant de la jungle, du breakcore, du ragga… Ils ont trouvé un nom pour définr leur style : FAHEEM (Funk/Astro/Hip-Hop/Extraterrestrially Energized Message) Voilà tout est dit…
Donc voilà, les 31emes Transmusicales se sont achevées dimanche 06 décembre à 07h00 du matin par le set salvateur de Danton Eeprom, salvateur parce que le reste de la soirée electro dans le hall 09 était à mourir d’ennui. Heureusement donc que le nouveau héros de l’electro made in France, a su maintenir le public sur la piste sans tomber dans la facilité écœurante des DJs précédents. 07h00 du mat et une vague impression de déception, mais malgré tout une certitude, on y retournera l’an prochain…




